Du bon usage de l’Italie
Éditoriaux

La politique n’a qu’un programme : battre l’autre

Le bien des citoyens vient après. D’abord, la défaite de l’adversaire.

Il ne reste qu’un verbe dans la politique italienne : gagner. Pas résoudre, pas gouverner, pas construire. Gagner contre l’autre. Non parce qu’il existe une droite et une gauche, ni parce que cohabitent des idées différentes, des intérêts opposés, des visions incompatibles du pays : tout cela est normal, et même nécessaire. Le mal est ailleurs. Vaincre l’adversaire est devenu le seul résultat qui compte.

On ne récompense plus celui qui résout, mais celui qui divise le plus efficacement, mobilise le mieux, discrédite le plus. Le citoyen n’est presque jamais le destinataire de l’action gouvernementale : il est public, supporter ou cible à conquérir à chaque scrutin.

Ce qui arrive à chaque opposition le démontre. Des forces qui ne partagent rien — économie, droits, travail, politique étrangère, environnement — se retrouvent soudain ensemble. Non parce qu’elles ont construit une vision commune. Non parce qu’elles ont trouvé de meilleures solutions. Mais parce qu’un seul objectif suffit à les unir : renvoyer les gouvernants chez eux. D’abord, on abat l’autre ; le projet, on y pensera éventuellement ensuite. Ce n’est pas une alliance : c’est une coalition contre quelqu’un.

C’est là que la politique perd son sens. Lorsque le conflit devient la fin, gouverner se réduit à un moyen de prendre la place de l’adversaire. Ceux qui gouvernent passent leur temps à se défendre, à imputer chaque difficulté à leurs prédécesseurs, à préparer la parade à la prochaine attaque. Ceux qui s’opposent n’ont aucun intérêt à reconnaître un résultat positif : ce serait un aveu embarrassant. Mieux vaut le nier, le minimiser, en faire une nouvelle accusation. Même une bonne idée devient inacceptable si elle vient du mauvais camp.

Ce n’est pas ainsi que l’on gouverne un pays. C’est ainsi que l’on mène une campagne électorale sans fin.

Une solution sérieuse demande de l’étude, du temps, du silence. Mais s’arrêter pour réfléchir, c’est laisser le champ libre : quelqu’un occupe un plateau de télévision, publie une vidéo, hausse le ton. L’autre réplique. Puis viennent une accusation, une indignation, une nouvelle surenchère. Il faudrait une qualité devenue rare : le tempérament de celui qui ne court pas après le bruit, écoute les idées valables même lorsqu’elles viennent d’en face et sait changer d’avis sans se sentir vaincu.

Mais il faudrait surtout une politique prête à mesurer ce qu’elle fait. Chaque promesse devrait fixer un objectif précis, des délais vérifiables, des modalités d’exécution et des critères pour en juger le résultat. Puis quelqu’un devrait revenir devant les citoyens et dire clairement : cela a été fait, cela ne l’a pas été ; ceci a fonctionné, ceci a échoué. Sans propagande, sans chercher chaque fois un coupable, sans se cacher derrière un nouvel ennemi.

Enfin, pour redevenir crédible, la politique doit savoir offrir des certitudes à long terme. Un pays ne peut pas changer de cap à chaque changement de majorité. Familles, salariés et entreprises ne peuvent vivre en sachant que chaque loi, chaque investissement, chaque projet risque d’être supprimé au seul motif qu’il porte la signature de l’adversaire.

La politique n’a pas à démontrer qui sait le mieux abattre l’autre. Elle doit démontrer qu’elle sait faire tenir le pays debout.

Cette page est une traduction réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle et vérifiée chiffre par chiffre sur l’original italien. Le texte italien fait foi. Lire l’original en italien.