Du bon usage de l’Italie
Éditoriaux

Eurodéputés, l’addition invisible

Au-delà du salaire : chaque siège européen déclenche une machine à dépenser que le citoyen paie, mais peine à contrôler

Combien coûte réellement un eurodéputé ? La réponse de plateau de télévision est : 11 255,26 euros bruts par mois. Cela suffirait déjà à inquiéter ceux qui vivent de travail, d’impôts et de prudence budgétaire au foyer. Mais la réponse sérieuse est bien moins rassurante. Car le coût ne correspond pas au salaire. Il correspond à tout ce qui découle de ce siège : indemnités, personnel, indemnité de séjour journalière, remboursements, voyages, retraite, indemnité de départ. Une machine parfaitement légale. D’autant que les règles de la machine naissent à l’intérieur de la machine elle-même.

Chacun des 720 membres du Parlement européen reçoit 11 255,26 euros bruts par mois (le dernier montant indiqué par le Parlement, celui de 2025), soit 8 772,70 euros nets après impôt européen et cotisations. S’y ajoutent 4 950 euros mensuels d’indemnité de frais généraux : bureau, documentation, équipement, représentation, administration. Puis vient le poste le plus important : jusqu’à 32 072 euros par mois pour le personnel. Précisons qu’il ne s’agit pas de sommes versées directement à l’élu. Mais cela reste de l’argent public. Et dès ce stade, le tableau change : indemnité, frais généraux et budget des assistants peuvent atteindre environ 579 mille euros par an pour un seul siège. Avant même l’indemnité de séjour journalière, les voyages et les retraites.

L’indemnité de séjour journalière s’élève à 359 euros par jour pour les activités parlementaires officielles. Les voyages ordinaires sont remboursés selon des critères qui comprennent l’avion jusqu’à la classe affaires, le train en première classe et la voiture au kilomètre. Tout est encadré, tout est prévu, tout peut être classé sous le noble intitulé « fonctionnement ». Mais le citoyen, celui qui paie, reste face à un brouillard comptable. Il voit le salaire, peut-être. Il ne voit pas la structure.

Le nœud est là : déclarer la transparence ne suffit pas. Il faut l’imposer. Pour l’indemnité de frais généraux, le Parlement permet aux membres de publier volontairement des audits ou des confirmations du bon usage des fonds. Volontairement ? Là où l’argent est public, la reddition des comptes ne devrait pas dépendre du bon vouloir du bénéficiaire. Elle devrait être automatique, détaillée, mensuelle, accessible à tous.

Pour 2026, le budget du Parlement européen prévoit plus de 2,6 milliards d’euros. La seule assistance parlementaire, c’est-à-dire le personnel attaché aux députés, représente plus de 273 millions ; en 2025, 252 millions ont été dépensés. La représentation a un coût, certes. Mais le coût démocratique devient indigeste lorsqu’il devient illisible.

Les solutions existent : publication obligatoire des dépenses de chaque élu ; restitution automatique des sommes non justifiées ; plafond plus strict pour le personnel et les remboursements ; retraite relevant uniquement du régime contributif ordinaire ; indemnité de fin de mandat exclue pour ceux qui obtiennent aussitôt d’autres fonctions publiques ; rapport annuel unique, clair, comparable, pour chaque siège.

La démocratie n’a pas à être pauvre. Elle doit être sobre. Elle ne doit ni s’humilier ni humilier le contribuable. Elle doit rendre des comptes. Car lorsqu’un mandat public devient une rente opaque, le problème n’est pas le rejet de la politique : c’est l’indignation de ceux qui travaillent chaque jour pour une fraction de ces sommes et ne comprennent plus pour quelle cour ils entretiennent le palais.

Et, entendons-nous bien, cela ne concerne que l’eurodéputé. Manquent encore à l’appel la Commission européenne, le Conseil européen, le Conseil de l’Union européenne, la Cour de justice de l’Union européenne, la Cour des comptes européenne, la Banque centrale européenne, le Comité des régions, le Comité économique et social, le Service européen pour l’action extérieure, les agences et toute la constellation administrative qui gravite autour de Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg et au-delà.

L’addition n’est donc pas close. Elle ne fait que commencer.

Sources

Cette page est une traduction réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle et vérifiée chiffre par chiffre sur l’original italien. Le texte italien fait foi. Lire l’original en italien.